Parmi les pilotes ayant affiché les plus grandes courbes de progression ces dernières années, il s’agit bien d’Edwin Traynard. Après avoir patiemment fait ses armes depuis 2016, le Lyonnais de vingt-et-un ans a concrétisé les espoirs placés en lui pour franchir et souffler le titre Junior cette année !

D’abord engagé en binôme avec son père Franck, l’un des piliers de la catégorie Gentlemen, Edwin Traynard a progressivement pris son envol en évoluant plus régulièrement seul au volant d’une Clio Cup. Toujours au sein de la structure Autosport GP avec laquelle il avait signé un beau doublé chez les Juniors fin 2018, il visait de nouveaux sommets… Et ne tardait pas à les atteindre !

Sa campagne débutait pourtant relativement discrètement à Nogaro, sa prestation la moins aboutie de l’année d’après lui, mais celle-ci était immédiatement suivie d’un spectaculaire regain de forme à Imola.

« J’avais beaucoup d’attentes pour le début de saison à Nogaro », se rappelle-t-il. « Malheureusement, je me fais taper au bout d’un tour et demi avant de subir une panne le lendemain… En revanche, Imola était un moment fort de l’année. C’était un week-end incroyable sur un circuit mythique. Nous avons fait un choix stratégique intéressant au niveau des pneumatiques et il s’est avéré parfait pour les conditions. Le rythme de course était bon, le tracé me plaisait, je m’étais bien préparé à ce rendez-vous et j’y ai signé mon premier podium au classement général et ma première victoire de la saison en Juniors ! »

Fort de ce premier succès, Edwin Traynard enchaînait avec une belle prestation lors du Clio Cup Open organisé en support du Grand Prix de France de Formule 1. En confiance, le pilote Autosport GP capitalisait sur sa forme pour s’offrir le doublé à Lédenon et revenir à six points seulement du leader Luis Gonzalez. Ce dernier profitait toutefois de son absence à Barcelone pour reprendre le large et le reléguer à vingt-deux unités.

Dos au mur, Edwin Traynard était presque contraint au sans-faute sur les deux derniers rendez-vous pour préserver ses chances. Et au moment où la pression était la plus intense, le natif de Lyon a su se sublimer tout en exploitant la moindre faille de son rival, pris dans la frénésie des duels aux avant-postes.

Alignant quatre victoires consécutives, il portait son bilan à sept succès en dix départs pour souffler la couronne à l’Espagnol dans l’ultime ligne droite de la saison !

« Ce titre représente beaucoup de choses », confie-t-il. « Tous ceux qui l’ont remporté avant moi ont eu de belles trajectoires, notamment Jérémy Sarhy en Porsche Carrera Cup. C’est un plus, une petite reconnaissance, qui ne peut que m’aider à gravir les échelons. »

Bien qu’il se soit montré irrésistible dans le sprint final, Edwin Traynard met cependant la régularité au cœur de sa réussite.

« Malgré mon absence à Barcelone et mes deux abandons à Nogaro, j’étais toujours régulier quand j’étais au départ », analyse-t-il. « J’ai préféré moins me battre au général pour assurer les points en Junior et cela a beaucoup joué en fin de compte. Cela dit, j’étais satisfait de ma progression globale même si j’étais un peu déçu, car j’aurais aimé être davantage aux avant-postes en fin de saison. Je fais tout de même un podium à Imola et des tops six à Magny-Cours et au Castellet. J’ai fait de mon mieux sur les circuits qui demandent un gros moteur, comme nous avions quelques difficultés dans ce domaine, mais je sais aussi qu’il m’en manquait un peu côté pilotage. Je reste toutefois content de mes belles performances, car j’ai toujours mis la priorité sur le Junior et j’aurais pu grappiller des places sur certaines courses, mais j’ai préféré garder la voiture intacte et assurer dans ma catégorie. »

Après quatre saisons en Clio Cup France, les cartes risquent d’être redistribuées avec l’arrivée de Nouvelle Clio Cup l’an prochain. Après s’être classé tout près du top dix toutes catégories confondues, Edwin Traynard reviendra-t-il avec toujours plus d’ambitions ?

« Tout reste ouvert à vrai dire ! », conclut-il. « J’attends les ressentis des autres pilotes sur Nouvelle Clio Cup, mais j’ai aussi envie de monter vers de plus grosses disciplines. Le budget est toutefois le nerf de la guerre, que ce soit en Alpine Elf Europa Cup, TCR, GT4, et à moindre mesure pour les courses d’Endurance en TTE avec mon père. L’avenir reste à écrire, donc si des partenaires veulent se joindre à l’aventure, ils seront les bienvenus ! »

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